L’accord sur le temps partiel de la branche des CAUE a été signé le 25 avril.
Ses signataires sont :
La Fédération Nationale des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement.
La Fédération CFTC du bâtiment, matériaux et travaux publics.
La Fédération Force Ouvrière des travailleurs du BTP, bois , carrières, matériaux de construction, papier carton, céramique et exploitation thermique ( FGFO)
Le Syndicat National CFE-CGC des cadres, employés, techniciens, agents de maitrise et assimilés, des industries du bâtiment et des travaux publics.
Le Syndicat National FNCB SYNATPAU des professions de l’architecture et de l’urbanisme.

CONVENTION COLLECTIVE NATIONALE DES CAUE du 24 mai 2007, étendue le 6 mars 2008

AVENANT n° 19 relatif au temps partiel dans la branche professionnelle des CAUE

ENTRE LE COLLEGE EMPLOYEURS,
Fédération nationale des CAUE, 108/110 rue Saint-Maur, 75011 Paris,
représentée par M. Roger Guedon.

ET LE COLLEGE SALARIÉS,
La Fédération CFE CGC BTP, 15 rue de Londres 75008 PARIS,
représentée par M. François LE VARLET.
La Fédération Nationale des Salariés de la Construction CGT, Case 413, 263 rue de Paris, 93514 Montreuil CEDEX, représentée par son secrétaire général.
La Fédération FG FO CONSTRUCTION, 170 avenue Parmentier 75010 PARIS,
représentée par Monsieur Franck SERRA.
Le Syndicat FNCB SYNATPAU CFDT, Bourse du Travail, 3 rue du Château d’Eau 75010 PARIS, représenté par M. Sébastien GIRAULT.
La Fédération BATI-MAT-TP CFTC, 251, rue du Faubourg Saint Martin 75010,
représentée par son président Patrick DEL GRANDE.

Il est convenu ce qui suit :
Le présent avenant a pour objet de donner un cadre pour le temps partiel dans la branche des CAUE en conformité avec la loi du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi. La loi n° 2013-504 du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi instaure une durée minimale du travail de 24 heures par semaine (soit près de 70 % d’un temps plein) et dispose que des dérogations seront possibles par accord de branche. Nombre d’organismes et d’emplois de la branche CAUE sont concernés. Les partenaires sociaux rappellent que les salariés à temps partiel bénéficient des dispositions de la convention collective nationale et des droits reconnus aux salariés à temps complet, et notamment des possibilités de promotion, de formation et d’embauche à temps complet.

Article 1
L’article « Travail à temps partiel » du titre IV « Durée du travail » de la convention collective nationale des CAUE est rédigé comme suit :
4.1 Temps partiel choisi
4.1.1 Définition
Conformément aux dispositions de l’article L. 3123-1, alinéa 1, du code du travail, est
considéré comme salarié à temps partiel le salarié dont la durée du travail est inférieure à la durée légale du travail ou, lorsque cette durée est inférieure à la durée légale, à la durée du travail fixée conventionnellement au sein de l’entreprise ou l’établissement.
Les salariés sous contrat à temps partiel bénéficient de toutes les dispositions légales et conventionnelles applicables au contrat à temps plein, notamment pour les jours fériés et les congés mobiles.
Les salariés à temps partiel qui souhaitent occuper ou reprendre un emploi à temps complet, ou les salariés à temps complet qui souhaitent occuper ou reprendre un emploi à temps partiel, ont priorité pour l’attribution d’un emploi ressortissant à la catégorie professionnelle ou d’un emploi équivalent. L’employeur porte à la connaissance de ses salariés la liste des emplois disponibles
correspondants.

4.1.2. Mise en place
Les horaires de travail à temps partiel sont pratiqués sur la base d’un accord d’entreprise avec
les représentants des organisations syndicales au sein du CAUE ou après avis des institutions
représentatives du personnel ou information de l’inspection du travail.
Les salariés à temps complet qui envisagent d’occuper un emploi à temps partiel dans leur emploi ou dans un emploi différent doivent en faire la demande à leur employeur par lettre recommandée avec avis de réception, sauf dispositions négociées préalablement entre les parties, précisant la durée du travail souhaitée ainsi que la date envisagée pour la mise en oeuvre du nouvel horaire, par demande adressée 3 mois au moins avant cette date.
L’employeur est tenu de répondre au salarié par lettre recommandée avec avis de réception dans un délai de 2 mois à compter de la réception de la demande.
Celle-ci ne peut être refusée que si l’employeur justifie de l’absence d’emploi disponible ressortissant de la catégorie professionnelle du salarié ou de l’absence d’emploi équivalent ou s’il peut démontrer que le changement d’emploi demandé aurait des conséquences préjudiciables à la production et à la bonne marche de l’association .Les modifications du temps de travail font l’objet d’un avenant au contrat dans les termes de l’article L.3123-14 du code du travail, étant précisé que la durée du travail ne peut être inférieure à 4 heures consécutives par jour.
Le nombre d’heures complémentaires qui peut être demandé au salarié à temps partiel ne peut être supérieur à 1/10 de la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail prévue dans son contrat. Elles reçoivent la même majoration de 25 % dès la première heure complémentaire. Les heures complémentaires ne peuvent avoir pour effet de porter la durée du travail effectif par un salarié au niveau de la durée légale du travail ;
Le refus d’effectuer les heures complémentaires proposées par l’employeur au-delà des limites fixées par le contrat de travail ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement.

4.1.3. Changement de planning
Conformément à l’article L. 3123-14 du code du travail, le contrat doit mentionner les cas dans lesquels est prévue une modification éventuelle de la répartition initiale des horaires de travail. Ces cas sont limités aux situations suivantes : surcroît temporaire d’activité, absence d’un ou plusieurs salariés, réorganisation des horaires collectifs.
Lorsque l’employeur demande au salarié de changer la répartition de sa durée du travail, le refus du salarié d’accepter ce changement ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement dès lors que ce changement n’est pas compatible avec :
– des obligations familiales impérieuses ;
– le suivi d’un enseignement scolaire ou supérieur ;
– une période d’activité fixée chez un autre employeur ;
– ou une activité professionnelle non salariée.
Toute modification de la répartition des horaires à temps partiel doit être notifiée au salarié par lettre recommandée avec avis de réception 8 jours ouvrables au moins avant la date à laquelle celle-ci doit intervenir.
4.2 Durée minimale d’activité des salariés à temps partiel
Conformément à l’article L. 3123-14-1 du code du travail, la durée minimale de travail du salarié à temps partiel est fixée à 24 heures par semaine ou, le cas échéant, à l’équivalent mensuel de cette durée ou à l’équivalent calculé sur la période prévue par un accord collectif.
4.2.1 Dérogation à la durée minimale légale à l’initiative du salarié
Les cas de dérogation individuelle sont les suivants :
– une durée de travail inférieure peut être fixée à la demande du salarié (nouvel article L. 3123-14-2), soit pour lui permettre de faire face à des contraintes personnelles l’obligeant à organiser son travail de façon particulière, soit pour lui permettre de cumuler plusieurs activités afin d’atteindre une durée globale d’activité correspondant à un temps plein ou au moins égal à 24 heures par semaine. Cette demande est écrite et motivée. L’employeur informe chaque année le comité d’entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel du nombre de demandes de dérogation individuelle (nouvel article L. 3123-14-2 du code du travail).
En cas d’absence de représentants du personnel, il appartient à l’employeur d’informer les salariés de ces cas de dérogation individuelle ;
– les étudiants de moins de 26 ans auront droit à la fixation d’une durée de travail inférieure à 24 heures compatibles avec leurs études (nouvel article L. 3123-14-5 du code du travail).
4.2.2 Dérogation à la durée minimale légale à l’initiative de l’employeur
Les partenaires sociaux décident au titre du présent avenant d’abaisser la durée minimale du travail dans deux types d’emplois :
– l’emploi d’employé d’entretien des locaux ;
– l’emploi de conseiller aux candidats à la construction.
4.2.3. Cas du temps partiel pour l’emploi d’employé d’entretien des locaux
Ce cas concerne plusieurs CAUE, quelle que soit leur taille, dès lors qu’ils font le choix de salarier la personne plutôt que de recourir à une entreprise extérieure pour effectuer l’entretien des locaux. La durée minimale du travail est fixée à 4 heures par semaine ou, le cas échéant, à l’équivalent mensuel de cette durée.
4.2.4. Cas de l’emploi de conseiller
Ce cas concerne les conseillers (de formations architecte, urbaniste, paysagiste, ingénieur,…) qui effectuent des conseils à destination des candidats à la construction.
La durée minimale du travail est fixée à 12 heures par semaine ou, le cas échéant, à
l’équivalent mensuel de cette durée.
4.2.5 Garanties prévues en contrepartie à la durée minimale dérogatoire
En contrepartie à la durée minimale dérogatoire prévue par le présent avenant, les salariés concernés bénéficieront des dispositions suivantes favorisant le cumul d’emplois et l’évolution professionnelle au sein et en dehors de la branche professionnelle.
4.3 Facilitation du cumul d’activités
Les horaires de travail au sein de l’organisme doivent être organisés afin de permettre aux salariés concernés de cumuler une ou plusieurs autres activités.
4.3.1 Mise en oeuvre d’horaires réguliers
Les horaires de travail du salarié à temps partiel dont le contrat déroge à la durée légale doivent être regroupés, en application de l’article L. 3123-14-4 du code du travail, sur des journées ou des demi-journées régulières ou complètes. Les salariés occupant les emplois mentionnés au point 4.1.2.4. ci-dessus peuvent cumuler un ou plusieurs autres emplois pour atteindre la journée régulière ou complète en horaire de travail.
4.4. Formation professionnelle
Les salariés occupant les emplois mentionnés aux points 4.1.2.3. et 4.2.2.4 ci-dessus et dont le contrat de travail déroge à la durée minimale légale doivent se voir proposer une formation permettant de conforter l’expérience professionnelle acquise au sein de la branche des CAUE.
Les partenaires sociaux rappellent à cet effet les dispositions de la loi n° 2014-288 du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale, prévoyant tous les 2 et 6 ans un entretien professionnel consacré au parcours et aux perspectives d’évolution professionnelle du salarié.
4.5. Complément d’heures par avenant temporaire
Les partenaires sociaux, soucieux de développer l’emploi dans la branche professionnelle, décident d’instaurer la possibilité pour les organismes et les salariés d’augmenter la durée du travail des salariés à temps partiel par des avenants temporaires.
Le nombre des avenants temporaires pouvant être signés, en dehors des cas de remplacement de salariés nommément désignés, est limité à 2 par année civile et par salarié.
Le refus du salarié d’augmenter sa durée de travail par avenant n’est pas considéré comme une faute et ne saurait entraîner de sanction disciplinaire.
La durée de travail maximale pouvant être fixée par ces avenants ne saurait atteindre la durée légale de travail fixée pour les salariés à temps plein.
Les heures effectuées dans le cadre de cet avenant sont rémunérées au taux normal. Toutefois, les heures effectuées au-delà de la durée prévue par l’avenant sont rémunérées au taux majoré de 25%.

Les avenants temporaires seront proposés en priorité aux salariés à temps partiel qui
bénéficient d’une durée de travail inférieure à la durée minimale légale.
4.5.1 Modalités d’accès au complément d’heures par avenant temporaire
Dans le cadre d’un entretien, l’employeur recueille la volonté ou le refus du salarié d’effectuer des compléments d’heures par avenant temporaire afin d’aboutir à un consensus. De plus, les salariés peuvent à tout moment, par écrit, exprimer leur volonté de réaliser ces compléments d’heures.
Les salariés à temps partiel volontaire se verront proposer un avenant de complément
d’heures en fonction des besoins du service, pour occuper des emplois ressortissant ou ne ressortissant pas à leur catégorie professionnelle à condition de remplir les conditions de qualification et de compétences requises.
L’employeur s’engage à garantir l’équité entre les salariés potentiellement intéressés par une augmentation de leur temps de travail par avenant et à informer ceux qui n’auraient pu en bénéficier.
L’employeur informe le comité d’entreprise annuellement et, à défaut, les délégués du
personnel, des critères objectifs retenus, du nombre d’avenants signés et du nombre d’heures correspondant.
4.6. Suivi du temps partiel choisi
La commission paritaire de branche assure le suivi du temps partiel choisi.
Sur la base des données sociales récoltées annuellement, la commission réalisera un bilan qui contiendra les indicateurs suivants :
– pourcentage des salariés à temps partiel dans la branche ;
– pourcentage des salariés ayant une durée du travail inférieure à 24 heures ;
– pourcentage par catégorie d’emplois ;
– représentation du personnel féminin ;
– éléments relatifs à la formation des salariés concernés.

Article 2
Durée
Le présent accord est conclu pour une durée indéterminée à compter de sa date d’entrée en vigueur. Il entre en vigueur le 1er janvier 2016.

Article 3
Date d’entrée en vigueur, champ d’application et portée
Les dispositions du présent avenant entreront en vigueur à partir du 1er janvier 2016.
Les accords d’entreprise ne peuvent déroger aux dispositions du présent accord, sauf
dispositions plus favorables. Le présent accord vise les organismes et les salariés entrant dans le champ d’application de la convention collective nationale étendue des CAUE. En conséquence, il s’applique à l’ensemble du territoire national y compris les DOM.
Sous réserve de l’application de l’article L. 2236-6 susmentionné, le présent avenant fera l’objet de la procédure d’extension conformément aux dispositions de l’article L.2261-15 du code du travail et de l’article L.911-3 du code la Sécurité Sociale.

Article 4
Publicité
Le présent texte est déposé à la direction générale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle ainsi qu’à la direction des relations du travail pour extension.

Article 5
Révision, Dénonciation
Le présent accord pourra être révisé conformément aux dispositions légales.
Cet accord s’applique avec effet rétroactif à compter du premier janvier 2016. Il est mis à la signature, le 25 avril 2015.
Fait à Paris, le 25 avril 2016